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Chaque enfant a sa façon d'apprendre

  • 20 févr.
  • 3 min de lecture

Chaque enfant est unique.

Il ne pense pas, ne comprend pas et n’apprend pas comme les autres. Son développement, sa personnalité, son histoire, son fonctionnement cognitif et émotionnel influencent directement sa manière d’entrer dans les apprentissages.

Chaque enfant a sa façon d'apprendre.
dessin d'enfants se donnant la main et souriant

 

Les sciences cognitives et les sciences de l’éducation s’accordent sur un point central :

👉 les apprentissages sont le résultat d’interactions complexes entre le développement neurobiologique, les expériences, l’environnement et les caractéristiques individuelles de l’enfant.

Selon Stanislas Dehaene (2018), l’apprentissage repose sur des mécanismes cérébraux universels, mais leur expression varie fortement d’un individu à l’autre en fonction de :

  • la maturation cérébrale,

  • les capacités attentionnelles,

  • la mémoire de travail,

  • les fonctions exécutives,

  • la régulation émotionnelle,

  • les expériences antérieures.

« Tous les enfants peuvent apprendre, mais pas au même rythme ni par les mêmes chemins» (Dehaene, 2018)

Chaque enfant a sa façon d'apprendre.

 

🧠 1 - Des profils d’apprentissage différents

Les travaux en psychologie cognitive montrent que les enfants présentent des profils cognitifs hétérogènes, notamment dans :

  • le traitement de l’information (verbal, visuo-spatial, moteur)

  • la vitesse de traitement

  • la mémoire de travail (Baddeley, 2012)

  • l’attention soutenue et sélective

  • les fonctions exécutives (Diamond, 2013)

Ces différences expliquent pourquoi certains enfants apprennent mieux :

  • par la verbalisation,

  • par la manipulation,

  • par l’observation visuelle,

  • par l’expérimentation active.

Il ne s’agit pas de « styles fixes », mais de préférences et de forces cognitives dominantes.

Il n’existe donc pas une seule bonne façon d’apprendre, mais une diversité de chemins.


🌱 2 - Le rôle du développement de l’enfant

Les capacités d’apprentissage dépendent aussi :

  • de la maturité neurologique,

  • de l’attention,

  • de la mémoire,

  • des fonctions exécutives,

  • de la motricité fine,

  • de la régulation émotionnelle,

  • de la confiance en soi.

Un enfant en difficulté n’est pas forcément « moins capable » :il peut simplement avoir besoin d’une autre manière d’apprendre.

 

2.1 - Impact des émotions et de la motivation sur les apprentissages

Les neurosciences affectives montrent que l’apprentissage est étroitement lié à l’état émotionnel de l’enfant.

Immordino-Yang (2016) démontre que :

  • l’anxiété inhibe les capacités attentionnelles,

  • la peur de l’échec altère la mémoire de travail,

  • la motivation et le sentiment de compétence favorisent la consolidation des apprentissages.

Ainsi, un enfant peut être en difficulté non par manque de capacité, mais parce que le contexte d’apprentissage ne respecte pas :

  • son rythme,

  • ses besoins émotionnels,

  • son sentiment de sécurité.

 

2.2 -. Données issues de la neurodiversité

Les recherches actuelles intègrent également le concept de neurodiversité (Armstrong, 2012), qui reconnaît que :

  • TDAH, troubles Dys, haut potentiel, TSA, etc. ne sont pas uniquement des déficits,

  • mais des fonctionnements cognitifs différents, avec leurs forces et leurs vulnérabilités.

Cela implique une approche pédagogique fondée sur :

  • l’adaptation,

  • la différenciation,

  • la compensation,

  • et non sur la normalisation

 

😟 3 - Quand la méthode ne correspond pas. Vers une approche individualisée

Lorsqu’on impose à tous les enfants une même méthode :

  • certains se découragent,

  • d’autres perdent confiance,

  • certains développent de l’anxiété scolaire,

  • des troubles des apprentissages peuvent apparaître ou s’aggraver.

👉 Ce n’est pas l’enfant qui est en échec, c’est souvent la méthode qui n’est pas adaptée.

 

Les recherches en pédagogie convergent vers l’efficacité de l’enseignement différencié et de l’accompagnement individualisé (Hattie, 2009).Les interventions les plus efficaces sont celles qui :

  • partent du niveau réel de l’enfant,

  • ajustent les supports,

  • tiennent compte du fonctionnement cognitif,

  • favorisent la métacognition (apprendre à comprendre comment on apprend).

 

🎯 4 - L’importance d’un accompagnement individualisé

Accompagner un enfant, c’est :

  • observer son fonctionnement,

  • comprendre ses forces et ses fragilités,

  • adapter les supports,

  • ajuster le rythme,

  • valoriser ses progrès,

  • lui donner des outils qui lui correspondent.

C’est le cœur de l’orthopédagogie et de la graphothérapie : partir de l’enfant, et non du programme.


👉 5 - Conclusion

Chaque enfant apprend selon une organisation cognitive, affective et neurodéveloppementale qui lui est propre.L’efficacité pédagogique repose sur la capacité à adapter l’enseignement à cette singularité plutôt que d’exiger une conformité aux méthodes standardisées.

Ce principe fonde directement les pratiques de l’orthopédagogie et de la graphothérapie.



📚 Références bibliographiques (sélection)

  • Baddeley, A. (2012). Working Memory : Theories, Models, and Controversies. Psychology Press.

  • Dehaene, S. (2018). Apprendre ! Les talents du cerveau, le défi des machines. Odile Jacob.

  • Diamond, A. (2013). Executive functions. Annual Review of Psychology, 64, 135–168.

  • Hattie, J. (2009). Visible Learning : A Synthesis of Over 800 Meta-Analyses Relating to Achievement. Routledge.

  • Immordino-Yang, M. H. (2016). Emotions, Learning, and the Brain. W.W. Norton.

  • Armstrong, T. (2012). Neurodiversity in the Classroom. ASCD.

  • Goswami, U. (2008). Cognitive Development: The Learning Brain. Psychology Press.

 

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