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Les Principes Neuroéducatifs expliqués aux enfants

  • 31 mars
  • 7 min de lecture
Le cerveau est un magicien
Le cerveau est un magicien

Salut les explorateurs ! Aujourd'hui, on part en voyage à l'intérieur de notre tête pour découvrir un endroit incroyable :  le cerveau et les neurosciences !

- C’est lui, le cerveau, qui nous aide à penser, bouger, ressentir et même rêver.

- Les Neurosciences, ce sont les sciences qui étudient notre cerveau et tout ce qui se passe à l’intérieur de notre tête


Steve Masson, Professeur à l’Université du Québec, à Montréal, a écrit un livre « Activer ses neurones : pour mieux apprendre et enseigner - Les 7 principes neuroéducatifs ». Il montre que la compréhension des mécanismes cérébraux offre des applications pratiques et des pistes pour mieux apprendre à apprendre.

Je te propose de découvrir ces 7 principes.

Prêt à plonger dans cette aventure ?


                  1. Activer les neurones liés à l’apprentissage visé : Pour apprendre, le cerveau doit être actif. Lire passivement ou écouter ne suffit pas.


Imagine que tu as le meilleur jeu vidéo du monde, mais que tu poses la manette sur la table et que tu regardes juste l'écran. Est-ce que ton personnage va avancer ? Est-ce que tu vas passer les niveaux ? Non, bien sûr que non ! Tu dois prendre la manette en main, appuyer sur les boutons et jouer pour de vrai. Dans ton cerveau, c'est pareil. Si tu te contentes de regarder ta feuille ou d'écouter la maîtresse en pensant à autre chose, tes neurones dorment. Ils ne s'activent pas. Activer tes neurones, ça veut dire prendre la manette de ton cerveau : c'est quand tu essaies de deviner la réponse, quand tu dessines pour comprendre, ou quand tu m'expliques quelque chose. Dès que tu es actif, tes neurones s'allument comme des petites ampoules et commencent à se connecter !



                  2. Activer les neurones à plusieurs reprises : Une seule fois ne suffit pas à créer une route solide dans le cerveau. La répétition est la clé pour renforcer les connexions synaptiques et éviter l'oubli.


Imagine que ton cerveau est une magnifique montagne recouverte d'une neige toute fraîche et toute douce. La première fois que tu apprends quelque chose (par exemple, une table de multiplication ou une règle d'orthographe), c'est comme si tu mettais tes skis et que tu glissais pour la toute première fois sur cette neige. Tu laisses une toute petite trace, très fine. Si tu t'arrêtes là et que tu attends le lendemain, le vent va souffler, la neige va recouvrir ta trace et elle va disparaître. Ton cerveau aura oublié ! Pour que la trace reste, il faut que tu remontes en haut de la montagne et que tu refasses la même descente ! Une fois, deux fois, dix fois... À force de passer et repasser au même endroit, la neige s'écrase et tu crées une super piste de ski bien solide. Là, le vent peut souffler, la piste restera visible et tu pourras descendre à toute vitesse sans même réfléchir. Activer tes neurones à plusieurs reprises, c'est exactement ça : c'est repasser sur ta piste de ski pour qu'elle devienne définitive.



                  3. Entraîner la récupération en mémoire : C'est l'un des principes les plus puissants. Au lieu de relire une leçon (apprentissage passif), le cerveau apprend beaucoup mieux quand on le force à aller chercher l'information dans sa mémoire.


Imagine que ton cerveau est une immense bibliothèque ou un grand coffre rempli de trésors. Parfois, le trésor est tout au fond ! Quand je te pose une question, tes neurones doivent chercher la clé et ouvrir le coffre. Plus tu t'entraînes à ouvrir le coffre, plus c'est facile et rapide !»Quand tu lis ta leçon ou que tu écoutes le maître, c'est comme si tu rangeais un nouvel objet dans ton coffre. C'est bien ! Mais le plus important, ce n'est pas de le ranger... c'est de savoir le retrouver quand tu en as besoin pendant un contrôle ! Si tu ne fais que relire ta leçon avec les yeux, tu ne t'entraînes pas à chercher. Tu te dis juste : "Ah oui, je connais cet objet". Entraîner la récupération en mémoire, c'est fermer ton cahier et forcer tes neurones à fouiller dans le coffre pour retrouver l'information tout seul. Au début, c'est un peu dur, on cherche la clé, on fouille... Mais plus tu t'entraînes à sortir le trésor du coffre, plus le chemin devient rapide et facile. C'est ça, le vrai secret pour avoir des bonnes notes !



                  4. Élaborer des explications : te demander d'expliquer une règle avec tes propres mots ou de faire des liens avec ce que tu sais déjà t'aide à consolider l'information. C'est l'auto explication.


Pour que ton cerveau retienne une nouvelle idée, il doit l'accrocher à une idée que tu connais déjà. C'est comme faire des ponts, des routes ! Imagine que ton cerveau est une immense ville avec plein de maisons. Chaque maison représente quelque chose que tu connais déjà très bien (ton jeu préféré, comment on fait une addition, le nom de ton chien...). Quand tu apprends une nouvelle leçon (par exemple, ce qu'est un "adjectif"), c'est comme si on parachutait une toute nouvelle maison au milieu de nulle part dans ta ville. Si elle reste toute seule, sans route pour y aller, tu vas l'oublier et elle va disparaître. Élaborer des explications, c'est construire des ponts ou des routes entre cette nouvelle maison et celles que tu connais déjà !Quand tu essaies d'expliquer la leçon avec tes propres mots, ou quand tu trouves un exemple qui te parle, ton cerveau fabrique ces ponts. Plus il y a de routes qui mènent à la nouvelle maison, plus elle devient solide et facile à retrouver dans ta mémoire !



                  5. Espacer l’activation des neurones : Mieux vaut étudier 15 minutes par jour pendant 4 jours plutôt qu'une heure entière le même jour ! Espacer les séances laisse au cerveau le temps de consolider les connaissances (notamment pendant le sommeil).


Imagine que tu veux construire le plus grand et le plus solide château de sable de la plage. Si tu essaies de faire un château de sable avec du sable hyper sec d'un coup, il s'écroule. Il faut mettre un peu de sable, un peu d'eau, attendre que ça sèche, et recommencer ! Travailler un tout petit peu tous les jours, c'est le secret des châteaux super solides. » Si tu prends un énorme seau de sable complètement sec et que tu le verses d'un coup, qu'est-ce qui se passe ? Le sable coule et ton château s'écroule. Pour que ton château soit solide, tu dois mettre un peu de sable, ajouter un peu d'eau, attendre que ça sèche, puis recommencer le lendemain en ajoutant une autre couche. Dans ton cerveau, c'est pareil ! Si tu essaies de faire entrer toute ta leçon la veille du contrôle en y passant 2 heures, ton cerveau sature et tout s'écroule le lendemain. Espacer l'activation de tes neurones, c'est faire des petites séances de 10 ou 15 minutes, puis aller jouer, dormir, et recommencer le lendemain. C'est le temps de repos (et surtout la nuit de sommeil !) qui sert de "colle" pour fixer les souvenirs dans ta tête.



                  6. Maximiser la rétroaction (le feedback) : Le cerveau apprend par "essai-erreur". Savoir tout de suite si l'on a juste ou faux permet d'ancrer les bonnes connexions et de ne pas mémoriser ses propres erreurs.


Se tromper, ce n'est pas être nul, c'est juste ton cerveau qui fait un test ! Quand tu vois tout de suite où est l'erreur, ton cerveau s'ajuste pour réussir le coup d'après, comme dans un jeu de tir à l’arc. Imagine que tu joues à un jeu de tir à l'arc, mais qu'on te met un bandeau sur les yeux. Tu tires ta flèche... Poum ! Tu entends qu'elle touche quelque chose, mais tu ne sais pas du tout si tu as visé le centre ou si tu es complètement à côté. Si on ne t'enlève pas le bandeau pour te montrer où est ta flèche, comment veux-tu faire mieux au coup d'après ? C'est impossible ! Dans ton cerveau, c'est la même chose. Quand tu fais un exercice, ton cerveau fait une supposition. Maximiser la rétroaction, c'est enlever le bandeau de tes yeux tout de suite ! C'est quand on regarde ensemble si ta flèche est dans le mille ou pas. Si tu t'es trompé, c'est une super nouvelle : ton cerveau voit l'écart et s'ajuste pour viser plus juste la prochaine fois. Sans erreur et sans retour, ton cerveau ne peut pas apprendre !



                  7. Cultiver un état d’esprit dynamique : C'est le fait de croire que son intelligence et ses compétences ne sont pas figées.


Ton cerveau n'est pas un bloc de pierre magique qui sait tout ou rien. C'est de la pâte à modeler ! Plus tu fais des efforts et plus tu t'entraînes, plus tu peux la sculpter pour devenir super fort. Imagine que ton cerveau est comme une petite graine que l'on vient de planter dans la terre. Si tu te dis : "Cette graine est toute petite, elle ne sait pas faire de fleurs, elle est nulle", et que tu ne l'arroses pas... elle ne grandira jamais. C'est ce qu'on appelle un état d'esprit fixe. C'est croire que l'on naît intelligent ou nul, et que rien ne peut changer. Mais si tu te dis : "Cette graine a un pouvoir magique à l'intérieur d'elle, elle a juste besoin de soleil, d'eau et de temps pour devenir une plante géante", là tu as un état d'esprit dynamique ! Avoir un état d'esprit dynamique, c'est savoir que ton cerveau est comme de la pâte à modeler (la fameuse plasticité !). Quand tu n'arrives pas à faire un exercice aujourd'hui, ça ne veut pas dire que tu es nul. Ça veut juste dire : "Je n'y arrive pas... encore !". Ton cerveau a simplement besoin d'un peu plus d'entraînement pour faire grandir la plante.

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